Étiquette : télématique

  • Virtual sensing énergie : revue de Cellina et al. (2023) & perspectives RS3/Telemachus

    Virtual sensing énergie est une approche permettant d’estimer la consommation d’un véhicule à partir de signaux GNSS et IMU, sans accès direct au bus CAN. Cette page présente une revue détaillée de Cellina et al. (2023) et explique comment étendre cette méthode dans RoadSimulator3 et Telemachus.

    Virtual sensing GNSS/IMU : revue de Cellina et al. (2023) et perspectives industrielles

    Le virtual sensing énergie permet de mesurer la consommation sans accès CAN en utilisant uniquement vitesse et accélération issues du GNSS/IMU.


    Ressources associées :
    – Article RS3 sur la pente & énergie : https://roadsimulator3.fr/service-robuste-pente-altitude-10hz/
    – Documentation Telemachus : https://github.com/telemachus3/telemachus-spec
    – Publication originale (Cellina 2023) : https://arxiv.org/abs/2310.01230


    🎯 1. Contexte : mesurer la consommation… sans accéder au véhicule

    L’article part d’un constat clair :

    • Les véhicules thermiques resteront longtemps en circulation.
    • Les solutions embarquées (OBD, télématique constructeur) sont hétérogènes et non standardisées.
    • Un estimateur universel, basé sur des signaux GNSS + IMU, serait :
    • non intrusif,
    • compatible smartphone,
    • applicable à n’importe quel véhicule,
    • exploitable pour l’assurance, la mobilité, les inventaires carbone.

    Objectif : estimer la consommation instantanée et cumulée avec uniquement :
    – vitesse longitudinale v(t),
    – accélération longitudinale a(t).

    Ces signaux proviennent :
    – d’un GNSS 10 Hz,
    – d’une IMU 100 Hz (accélérations brutes).


    🚗 2. Protocole expérimental (véhicule réel + capteurs low-cost)

    Schéma du protocole expérimental GNSS/IMU utilisé pour le virtual sensing énergie

    L’article repose sur une expérimentation robuste :

    • Véhicule : Alfa Romeo Giulia diesel 2.2L, boîte auto 7 rapports.
    • Vérité terrain : fuel flow issu du CAN (20 Hz, résolution 0,001 L/h).
    • Capteurs externes :
    • Suchy XPro Nano 10,
    • GNSS 10 Hz + IMU 100 Hz montés rigidement sous le siège passager.

    Dataset :
    1493 km,
    20 h de conduite,
    – saisons été + hiver,
    – 1 à 4 passagers (tableau p.3 du PDF).

    Pré-traitements appliqués :
    – synchronisation à 10 Hz,
    – filtrage passe-bas à 3 Hz (zéro phase),
    – spline cubique pour recaler les signaux IMU/CAN sur l’horodatage GNSS.


    Modèles utilisés en virtual sensing énergie : PB, NN et VT-MICRO

    📦 3. Trois classes de modèles comparés

    3.1. VT-MICRO (référence historique, 32 paramètres)

    Modèle polynômial (3e ordre) séparé pour a≥0 et a<0.
    Limites connues :
    – comportement instable hors domaine d’entraînement,
    – ne supporte pas f=0 (ralenti, coupure d’injection),
    – forte sensibilité au bruit.

    3.2. Modèle Physics-Based (PB)

    Les auteurs dérivent une simplification du modèle longitudinal :

    f = k · ( m · a · v + α · v + β · v2 + γ · v3 )

    Le modèle final possède 4 paramètres seulement.
    Il force naturellement f≥0.

    Avantages :
    – interprétable,
    – robuste,
    – très bon sur les intégrales de consommation.

    3.3. Neural Network (NN)

    Architecture :
    – input : (v, a),
    – 1 couche cachée (9 neurones),
    – LBFGS + régularisation + multi-initialisations.

    C’est la méthode la plus performante sur l’instantané.


    📊 4. Résultats : qui gagne ?

    Modèle Testing Error (instantané) Integral Error (trajet) Error Over Tank (robustesse)
    VT-MICRO médiocre fort biais forte variance
    PB légèrement moins bon que NN Meilleur (≈ 0 %) Meilleur
    NN Meilleur (écart-type −20 %) bonne performance mais léger biais négatif correct

    Synthèse

    • Instantané : NN > PB >> VT-MICRO
    • Cumulé : PB > NN > VT-MICRO
    • Robustesse “Error over Tank” : PB très largement en tête.

    Le modèle PB, pourtant simple, domine toutes les métriques cumulées, ce qui en fait un candidat idéal pour un système embarqué ou smartphone.


    🛑 5. Cas particulier : véhicule arrêté (“stopped car”)

    Problème :
    Lorsque v=0, le modèle statique ne peut pas distinguer :
    – moteur éteint → consommation nulle,
    – moteur allumé (ralenti) → consommation idle.

    L’article propose une solution innovante :

    🔍 Analyse fréquentielle du signal IMU (100 Hz)

    Observation (Figure 7 p.5) :
    – moteur au ralenti → pics à 13,3 Hz et 26,6 Hz,
    – moteur coupé → spectre beaucoup plus plat.

    Un simple classifieur sur le pic à 26,6 Hz donne :
    92 % TPR,
    92 % PPV.

    Limites :
    – dépend de la position de l’IMU,
    – dépend du véhicule → peu généralisable.


    🧭 6. Discussion critique

    ✔️ Forces de l’article

    • Méthodologie reproductible à partir de signaux simples.
    • Dataset riche (≈1500 km).
    • Comparaison honnête avec l’état de l’art.
    • Résultats solides : erreurs cumulées <1 %.
    • Orientation pratique : modèles embarquables.

    ⚠️ Limites

    • Un seul véhicule (diesel).
    • Entraînement effectué sur le même véhicule → pas de test “cross-vehicle”.
    • Pas de prise en compte explicite :
    • de la pente réelle (θ),
    • de la densité d’air (météo),
    • du style conducteur (agressivité inertielle),
    • des effets latéraux (virages / courbure).

    Or ces informations existent dans RS3 + Telemachus.


    ⚙️ 6.1. Conditions pratiques d’utilisation : ce qu’il faut (vraiment) pour appliquer le virtual sensing énergie

    L’article de Cellina et al. (2023) est particulièrement clair sur les prérequis indispensables pour obtenir une estimation énergétique fiable à partir des signaux GNSS/IMU.
    Ces éléments sont souvent implicites dans la littérature ; ils sont rappelés ici pour toute tentative de reproduction ou d’intégration dans un système réel.

    1. Fréquences minimales des capteurs

    • GNSS ≥ 5–10 Hz : nécessaire pour reconstruire correctement la vitesse v(t) sans dérive ni aliasing.
    • IMU ≥ 50–100 Hz : indispensable pour filtrer l’accélération longitudinale, détecter les vibrations moteur (13–26 Hz) et garantir la stabilité du modèle PB.

    En deçà :
    – GNSS 1 Hz → trop bruité pour dériver une énergie instantanée fiable.
    – IMU < 20–30 Hz → perte totale des signaux fréquentiels permettant la détection moteur ON/OFF.

    2. Pas besoin d’accès CAN ni d’abaque constructeur

    Le modèle PB ne nécessite ni couple moteur, ni débit d’injection, ni tables constructeur.
    Il repose uniquement sur :
    – v(t),
    – a(t),
    – m (masse du véhicule),
    – et 4 paramètres physiques (α, β, γ, k) calibrés sur quelques trajets.

    Cela rend l’approche :
    – non propriétaire,
    – compatible smartphone,
    – reproductible avec des capteurs low-cost.

    3. Un modèle spécifique au véhicule

    Le modèle PB doit être recalibré pour chaque véhicule.
    L’article ne traite pas encore la généralisation inter-véhicules :
    → une Giulia diesel et un SUV essence n’auraient pas les mêmes paramètres α, β, γ, k.

    4. Importance de la qualité GNSS

    Les auteurs filtrent v(t) via :
    – interpolation spline,
    – filtre passe-bas 3 Hz,
    – synchronisation stricte 10 Hz.

    Des coupures GNSS ou un bruit élevé dégradent fortement l’estimation énergétique instantanée.

    5. Limitations actuelles (hors périmètre de l’article)

    Le modèle ne prend pas encore en compte :
    – la pente réelle (θ),
    – la température / densité d’air,
    – la charge du véhicule,
    – le style conducteur,
    – la courbure routière,
    – les conditions GNSS dégradées.

    Ces dimensions sont critiques pour une industrialisation large, mais elles constituent précisément les axes où RS3 × Telemachus peuvent apporter une valeur unique.


    🔬 7. Perspectives RS3 × Telemachus

    1. Intégration dans RS3 : un banc d’essai idéal

    • Scénarios GNSS-denied,
    • Inerties contrôlées,
    • Pente + météo + masse variables.

    → possibilité de tester la robustesse hors distribution, ce que l’article ne couvre pas.

    2. Exploitation de la courbure routière (Heuts 2025)

    Les travaux récents (Heuts et al. 2025) montrent qu’un lien fort existe entre :
    – courbure κ,
    – énergie cinétique dissipée,
    – consommation.

    → RS3 permet de coupler v, a, κ → modèle hybride plus riche.

    3. Standardisation : Telemachus T002 “Energy Events”

    Les signaux nécessaires à la réplication du papier sont déjà standardisés :
    speed
    accel_longitudinal
    engine_state (à enrichir via fréquence IMU)
    energy_proxy (proposition)

    4. Possibilité d’un modèle unifié pour thermique + électrique

    Pour les VE :
    – puissance négative (régénération),
    – pas de ralenti,
    – relation non linéaire entre pédale et énergie.

    → PB et NN peuvent être adaptés.


    🚀 8. Que faire maintenant ?

    Voici les axes de développement immédiats pour RS3 :

    A. Implémenter le modèle PB dans RS3 / telemachus-py

    • 4 paramètres → calibration simple.
    • Benchmark sur scénarios RS3 générés automatiquement.

    B. Enrichir le modèle avec la pente réelle (IGN RGEALTI / SRTM)

    Cellina ignore θ, car absorbée dans le bruit de a.
    RS3 peut fournir θ exact → meilleure précision.

    C. Tester un réseau neuronal plus riche (MLP 2–3 couches)

    Avec :
    – normalisation temporelle,
    – features dérivées : jerk, power proxy, curvature.

    D. Construire un dataset public “Telemachus Energy Benchmark”

    • Données RS3 simulées (pente, météo, passagers),
    • Données smartphone (iPhone 4S du billet B012).
      → Permettra de tester la généralisation des modèles.

    ❓ 8.1. FAQ ingénieur — les questions clés pour reproduire le virtual sensing énergie

    1. Peut-on utiliser du GNSS 1 Hz comme dans la plupart des smartphones ?

    Non. À 1 Hz, la vitesse est trop bruitée et trop lente pour dériver correctement une énergie instantanée.
    Minimum recommandé : 5–10 Hz.

    2. Une IMU 20–30 Hz suffit-elle ?

    Non pour la détection moteur ON/OFF (pics à 13–26 Hz).
    Partiellement oui pour la reconstruction de a(t).
    Pour reproduire l’article : IMU ≥ 50–100 Hz.

    3. Faut-il connaître les paramètres moteur (couple, rendement, injection) ?

    Non. Le modèle PB utilise uniquement v(t), a(t), m et 4 paramètres calibrés.
    → Aucun accès CAN nécessaire.

    4. Le modèle PB est-il universel (un seul modèle pour toutes les voitures) ?

    Non. Il faut calibrer chaque véhicule.
    C’est une des limites majeures du papier.

    5. Comment traiter la pente si elle n’est pas fournie dans l’article ?

    Cellina absorbe la pente dans le bruit de a(t).
    Mais cela crée un biais dans les zones vallonnées.
    → RS3 + Telemachus peuvent fournir θ(t) pour améliorer fortement le modèle.

    6. Que se passe-t-il en cas de coupure GNSS ?

    Le modèle PB ne peut plus mettre à jour v(t).
    → Simulation RS3 recommandée pour tester robustesse GNSS-denied.

    7. Peut-on appliquer cette méthode aux véhicules électriques ?

    Partiellement.
    Le ralenti n’existe pas, et la régénération doit être modélisée.
    → Adaptation du modèle PB nécessaire.

    8. Comment vérifier si mon IMU capte bien les fréquences moteur ?

    Faire une FFT sur acc_x ou acc_y au ralenti.
    Si les pics à ~13 Hz et ~26 Hz n’apparaissent pas → mauvaise orientation, saturation, ou IMU trop lente.

    9. Quelles sont les extensions naturelles pour l’industrie ?

    • multi-véhicules
    • prise en compte pente / météo / charge
    • détection moteur robuste
    • standardisation des signaux (Telemachus)

    🧾 9. Conclusion

    L’article de Cellina et al. (2023) est une avancée majeure :
    il démontre qu’avec GNSS + IMU, on peut obtenir une estimation énergétique <1% d’erreur sans accès CAN.

    Cependant, de nombreuses pistes restent ouvertes :

    • généralisation multi-véhicules,
    • prise en compte de la pente,
    • meilleure détection moteur ON/OFF,
    • extension aux véhicules électriques,
    • standardisation des signaux (Telemachus).

    RS3 fournit déjà un environnement idéal pour pousser ces travaux plus loin — et ouvrir la voie à une mesure universelle de la consommation / énergie, à partir de données vraiment ouvertes, comparables et reproductibles.


    Si ce sujet vous intéresse, un article plus technique (P006) détaillera très prochainement l’intégration de ce modèle dans RS3 × Telemachus.

  • Telemachus standard télématique : un format ouvert pour les données véhicules

    Telemachus standard télématique : un format ouvert pour les données véhicules

    Telemachus standard télématique : un format ouvert pour unifier les données véhicules. Inspiré de GTFS, il améliore la recherche, l’assurance et la mobilité intelligente.

    Introduction : pourquoi un nouveau standard télématique est nécessaire

    Les véhicules connectés génèrent une masse croissante de données : GPS, vitesse, freinages, consommation, diagnostics embarqués… Pourtant, la télématique reste fragmentée. Chaque fournisseur propose ses propres formats, ses API, ses conventions de nommage.

    👉 Conséquence :

    • Les chercheurs peinent à comparer les résultats, faute de reproductibilité.
    • Les data scientists passent plus de temps à nettoyer les données qu’à les analyser.
    • Les industriels restent enfermés dans des solutions propriétaires coûteuses et difficiles à interconnecter.

    Par conséquent, une évidence s’impose : il faut un langage commun de la télématique.

    C’est la mission de Telemachus standard télématique, une spécification ouverte qui vise à devenir pour la télématique ce que
    GTFS a été pour les transports publics.

    Telemachus format ouvert – pivot de la télématique et de la mobilité

    État de l’art : formats existants et leurs limites

    1. Les formats propriétaires des plateformes télématiques

    Chaque acteur définit son propre format. On retrouve des exports en CSV, JSON ou XML, mais toujours différents dans leur structure, leurs unités, leurs fréquences.

    Ainsi :

    • La vitesse peut être exprimée en km/h, m/s ou mph, sans métadonnée claire.
    • Les événements (freinage, accélération) sont codés de manière hétérogène.
    • La fréquence d’échantillonnage varie de 1 Hz à 10 secondes, rendant toute comparaison difficile.

    2. Les formats de référence en mobilité

    De plus, plusieurs formats sont utilisés en mobilité :

    3. Les approches académiques

    En effet, les chercheurs publient leurs données en CSV ou Parquet, mais chaque dataset est structuré différemment. Impossible de bâtir un corpus commun reproductible.

    👉 En résumé : beaucoup de formats, aucun pivot.

    Panorama des sources actuelles : une dispersion problématique

    Au-delà des formats de référence (GTFS, MDS, NDS), il existe aujourd’hui une grande diversité de sources télématiques, chacune avec ses contraintes et formats. Cette dispersion rend l’intégration complexe et justifie la nécessité d’un pivot comme Telemachus standard télématique.

    1. Les plateformes SaaS B2B

    Des acteurs comme Geotab, Verizon Connect, Samsara ou Fleet Complete proposent des solutions complètes de gestion de flotte.

    Les données sont accessibles via des API JSON/REST propriétaires, avec des schémas spécifiques à chaque fournisseur.

    Les informations sont souvent limitées à des événements (démarrage, arrêt, freinage brusque), avec peu ou pas de granularité inertielle.

    👉 Problème : l’interopérabilité entre fournisseurs est quasi inexistante.

    2. Les OEM (constructeurs automobiles)

    Les constructeurs (BMW, Stellantis, Mercedes, etc.) proposent leurs propres portails connectés.

    Chaque marque définit ses variables (vitesse, consommation, diagnostic OBD-II) et son format.

    L’accès est généralement restreint et soumis à certification.

    👉 Problème : une absence d’harmonisation entre marques et un verrouillage fournisseur.

    3. Les boîtiers télématiques “bruts” (Teltonika, Queclink…)

    De nombreux opérateurs déploient des boîtiers OBD-II ou AVL comme Teltonika ou Queclink.

    Ces équipements génèrent des trames binaires riches (GNSS, parfois IMU intégrée), mais au format propriétaire.

    👉 Problème : un travail d’ingénierie lourd est nécessaire pour parser, interpréter et normaliser les données.

    4. Les plateformes cloud

    Des solutions comme AWS IoT FleetWise, Azure IoT Hub ou Google Cloud Mobility offrent des pipelines de collecte et d’analyse.

    Cependant, elles laissent les clients définir leurs propres schémas JSON, sans standard global.

    👉 Problème : une hétérogénéité persistante, simplement déplacée dans le cloud.

    En résumé, la dispersion des sources SaaS B2B, OEM et boîtiers bruts démontre qu’il est urgent de converger vers un
    standard unique et extensible : c’est précisément la vocation de Telemachus standard télématique.

    Telemachus : la philosophie d’un format pivot

    Telemachus s’inspire du succès du GTFS : créer une spécification ouverte, simple mais extensible, adoptable par tous.

    Principes fondamentaux

    1. Un format standardisé : une base commune décrivant trajectoire et contexte.
    2. Extensible : modules complémentaires (ex. Fleet Premium pour les flottes).
    3. Interopérable : facilite le passage d’un fournisseur à l’autre.
    4. Ouvert et documenté : hébergé publiquement, versionné, utilisable par chercheurs et industriels.

    Structure des données

    Le cœur de Telemachus repose sur :

    • Un fichier dataset.yaml décrivant le jeu de données (métadonnées, fréquence, capteurs).
    • Des tables normalisées : trajectory, imu, events, context.
    • Un modèle clair de timestamps unifiés, pour fusionner GNSS, IMU, météo, typologie routière.

    L’importance de l’IMU

    L’une des grandes innovations de Telemachus est de placer l’IMU (accéléromètres, gyroscopes) au cœur de la spécification.

    Pourquoi ?

    • Les capteurs GNSS seuls ne disent rien de l’inertie réelle du véhicule.
    • L’IMU capture les micro-événements : freinage brusque, dos d’âne, virage serré.
    • Couplée au GPS, elle permet une reconstruction fine et exploitable des trajets.

    👉 Telemachus considère donc l’IMU comme pilier fondateur du format.

    La continuité avec RoadSimulator3

    RoadSimulator3 (RS3) avait pour ambition de simuler des trajets véhicules réalistes :

    • Trajectoires GPS à 10 Hz
    • Inertie (accélérations, freinages)
    • Topographie et météo
    • Gyroscope et bruit stochastique

    Avec RS3, il est devenu possible de produire des jeux de données synthétiques complets.

    Mais restait une question : comment les stocker et les partager dans un format exploitable universellement ?

    👉 Telemachus est la réponse naturelle.

    Il fournit le conteneur standard qui permet de diffuser, comparer et réutiliser les données RS3 — mais aussi les données réelles issues de flottes.

    En clair :

    • RS3 = laboratoire de génération et validation.
    • Telemachus = standard d’échange et d’exploitation.

    Bénéfices pour les data scientists

    Avec Telemachus, un data scientist peut :

    • Charger un dataset dans pandas ou Spark sans passer des heures à mapper les colonnes.
    • Comparer des trajets de différentes sources car le schéma est homogène.
    • Fusionner simulation (RS3) et réel (flotte) dans un même pipeline.
    • Appliquer directement ses modèles de ML/IA sans réécriture fastidieuse.

    👉 Résultat : plus de temps pour la science, moins pour le nettoyage.

    Cas d’usage

    • Assurance : détection de comportements à risque calibrée par inertie + météo.
    • Smart city : référentiels de virages dangereux, zones de surconsommation énergétique.
    • Constructeurs automobiles : validation d’ADAS et conduite autonome sur datasets reproductibles.
    • Chercheurs : publications comparables et réplicables grâce à un format ouvert.

    Conclusion

    En combinant GNSS, IMU et événements de conduite, Telemachus devient la pierre angulaire de la télématique ouverte. Ce format pivot rapproche recherche, industrie et mobilité durable, tout en assurant transparence et interopérabilité.


    Références

    Illustration du Telemachus standard télématique pour les données véhicules

    👉 À lire aussi :
    RoadSimulator3 : simulateur inertiel 10 Hz
    Telemachus v0.2 – Structurer le standard ouvert de la donnée mobilité
    Détection d’événements de conduite par IMU embarquée